Category Archive: Construction

Apr 28 2015

Horloge radio synchronisée par DCF77 avec sortie NMEA

DCF_Clock_01Peut être est-ce une question de gêne helvétique, mais, dans mon shack, j’ai besoin d’avoir l’heure précise devant les yeux. Pour remplir le log, contrôler le départ de mes trames WSPR et JT65, etc.
Pour ce faire, j’ai acheté deux horloges LCD. Une pour l’heure locale et une pour l’heure UTC.
Elles sont autonomes et il est  nécessaire de les remettre à l’heure régulièrement, sans quoi elles prennent quelques dizaines de secondes par semaine.
J’avais pensé les connecter à mon oscillateur OCXO de référence 10MHz pour assurer une précision minimum.
En démontant les dites horloges, je me suis trouvé face à un simple rond noir sur le circuit imprimé,  ni plus, ni moins. Et je la plante où ma fréquence de référence ?
Il faut trouver autre chose…
Je sais qu’il existe des horloges radio synchronisées, mais malgré quelques recherches je n’ai pas trouvé mon bonheur, comme par exemple l’affichage de deux fuseaux horaires (CET et UTC) et un encombrement réduit.

“Si tu ne trouves pas ton bonheur, alors fais le toi même”

DCF77 est un émetteur ondes longues situé en Allemagne dont la fréquence porteuse est de 77.5kHz, Avec une puissance de 30kW, on peut le recevoir dans de très bonnes conditions sur une grande partie de l’Europe. Il transmet l’heure légale “atomique” sous la forme binaire à raison de 1 bit par seconde. Les impulsions émises à chaque début de seconde sont de longueurs différentes, 100ms pour un 0 et 200ms pour un 1. L’ensemble de ces bits fournissent l’heure et la date au format BCD. Des bits de parité permettent de contrôler la validité des informations reçues.
Toute la doc concernant DCF77 sur Wikipédia.
dcf77coding

Il y a quelques temps, j’ai repéré sur la baie un petit module récepteur DCF77 munis de son antenne en ferrite.
Pour quelques dollars, j’en ai acquis un exemplaire. Celui ci intègre toute la partie réception et délivre un signal démodulé sous forme d’impulsions pouvant êtres traitées par un micro contrôleur.
dcf77_recepteurAyant récupéré un affichage LCD 4*16 sur une “vieille” radio internet, il ne me manquait plus que le cerveau.
Il existe dans le monde Arduino une librairie qui permet facilement d’implémenter un décodage de l’heure à partir des impulsions fournies par le récepteur.
En une soirée on peut monter une horloge radio sans trop d’effort.

Une seconde solution consiste à utiliser un uC AVR ATMega48 munis de son oscillateur interne, largement suffisant  avec ses 4kbytes pour cette horloge.
Et puis l’idée de mettre les mains de le cambouis me plaisait beaucoup.

Première étape, un schéma pour s’y retrouver (ici le définitif):

dcf_clock_schemaLe schéma au format PDF :  DCF_Clock_NMEA

Trouver la seconde 0

On commence par chercher le début de la minute, pour être synchro avec les bits qui nous permettront de décoder l’heure.
On utilise un des trois timer du uC pour détecter l’absence d’impulsion de la seconde 59.
Chaque flanc montant va déclencher l’appel d’une interruption. Dans celle ci on compare le temps écoulé entre deux appels. Si ce temps est de deux secondes, nous avons alors trouvé la seconde zéro.
Pour éviter de se synchroniser sur une fausse absence d’impulsion, par exemple en cas de mauvaise réception, un deuxième tour est effectué pour confirmer la position du début de minute.

Le décodage de l’heure

Le décodage de la longueur des impulsions utilise également l’interruption déclenchée par le flanc montant du signal.
A son appel on active un deuxième timer qui appellera à son tour une autre interruption, 150ms plus tard.
A ce moment précis, l’état de l’entrée du uC sur laquelle est connecté la sortie du récepteur nous indique simplement la valeur du bit reçu.

La suite est assez simple. On récolte les bits, on les assemble, on les décode et on contrôle que le la parité soit correcte. Le cas échéant, on affiche l’heure, la date, etc.
On repart dans la vérification de la position de la seconde 59, on décode l’heure, on vérifie la seconde 59, on décode l’heure, et ainsi de suite.

Une vidéo du premier prototype :

Real Time Clock DS3231

Dans cet état là, l’horloge doit refaire sa synchro à chaque remise en marche ce qui peut être long si le signal est perturbé, par exemple lors d’un orage.
J’ai trouvé un module RTC à 1$ destiné à la platine Arduino et qui communique par I2C.
Le DS3231, qui est équipé d’un TCXO, d’un accu Li-On au format 2032 et d’un thermomètre.

sku_222910_1Une fois mis à l’heure, le module fonctionne même si l’horloge n’est plus alimentée. Après une semaine sans alimentation la dérive reste relativement faible, soit environ 400ms de décalage dans un pièce à 21°C.

Sortie NMEA pour WSPR et JT65

Pour mes activités en portable WSPR et JT65 j’utilise un GPS maison pour la synchro. Mais il m’est arrivé quelques fois que la réception soit insuffisante, notamment à l’intérieur de bâtiments.
Ces modes numériques n’utilisent que le code horaire et en WSPR j’introduis manuellement le locator. L’idée m’est alors venue de générer une trame NMEA pour simuler un GPS et ainsi synchroniser mon Ultimate2 ou mon PC au moyen de l’horloge DCF.
Le système ne génère que la trame minimale RMC qui est suffisante pour mes applications. La communication est assurée par l’UART du uC et un FTDI232 externe pour une sortie USB.
Une sortie supplémentaire du microcontrôleur est utilisée pour le PPS nécessaire à l’Ultimate2.

 

DCF_Clock_02

La platine avec le uC et la RTC

La plaque frontale a été fabriquée au moyen d’un morceau de verre acrylique que j’ai dépoli grossièrement autour du LCD.

Le bilan de l’opération est plutôt positif, pour environ 30CHF, j’ai une horloge qui fonctionne à merveille et qui permet d’avoir une source de synchro autre que le GPS ou l’Internet pour les modes numériques.

73’s !

Laurent

 

 

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Mar 06 2015

TRX SSB 4 bandes – Librairie C AVR pour adresser un LCD à HD44780

Le type le plus commun de contrôleur utilisé par les modules LCD est le Hitachi HD44780, qui utilise une interface relativement simple entre le microcontrôleur et l’affichage.
C’est ce type de LCD qui a été choisi pour l’affichage des informations sur le TRX 4 bandes. (Voir le précédent billet pour une démo en vidéo)

Bien qu’il existe plusieurs librairies disponibles pour utiliser ces affichages au moyen d’un microcontrôleur AVR, j’ai opté pour l’option d’écrire ma propre collection de fonctions.
Pour ce faire, toute la documentation nécessaire (et bien plus) est trouvable sur la toile sans aucune difficulté. Il n’y plus qu’à….

Hardware

Avant de passer à la partie programmation, il est nécessaire de préparer et de connecter le microcontrôleur et l’affichage.
Le contrôleur peut être adressé soit avec un bus de 4 bit, soit avec un bus de 8 bit. Je ne sais pas chez vous, mais de mon côté le nombre de ports disponibles sur le uC a tendance à ne jamais être suffisant et c’est pour cette raison que c’est le bus à 4 bit qui a été retenu. Bien entendu il faut compenser ce “manque” de manière logicielle en envoyant chaque byte en deux paquets de quatre bits, les bits de poids fort en premier puis les bit de poids faible.
En plus des quatre bits sus-mentionnés, des lignes de contrôle, au nombre de trois, sont nécessaires :

  • EN ou E : Enable, Entrée de validation
  • RS : Sélection du registre de données ou d’instruction
  • RW : Mode lecture ou écriture

De ces trois, seules deux sont utilisées: EN et RS. La ligne RW permet, en mode lecture, de lire ce qui se trouve dans les différentes mémoire du contrôleur, ce dont je n’ai pas besoin, en tout cas dans un premier temps. Nous la forçons à zéro, c’est à dire en mode écriture.
Voici donc un schéma de principe en exemple :

schema_hd44780

Software

La librarie créée comporte deux fichiers. lcd_hd44780.c qui implémente les fonctions et auquel on ne touche en principe pas. Puis le fichier lcd_hd44780.h qui lui contient les déclarations des fonctions. C’est dans ce fichier que nous allons configurer notre librarie.

Il faut paramétrer la librairie avec les ports qui sont utilisés pour communiquer avec l’affichage :

// Définition des ports -----------------------------------------------------

#define RS_PORT PORTB
#define RS_BIT PB6

#define EN_PORT PORTB
#define EN_BIT PB7

#define DATA_PORT PORTC
#define DATA_BIT PC0 // Position du premier bit des data (lsb).
                     // Les trois autres bits doivent suivre consecutivement.

Les quatre bits de data doivent être sur le même port et se suivre.
Dés maintenant nous pouvons utiliser notre librairie en commençant par l’initialisation du LCD avec la commande init_lcd().

Cette commande initialise l’affichage avec l’affichage visible, le curseur invisible et fixe, puis efface l’écran.
Pour modifier ces états de départ à tout moment, on peut utiliser la fonction lcd_setdisplay(LCD_ON|CURSOR_OFF|CURSOR_NOBLINK); .Les options disponibles sont : CURSOR_ON, CURSOR_OFF, LCD_ON, LCD_OFF, CURSOR_BLINK, CURSOR_NOBLINK.

Ensuite nous pouvons utiliser les commandes d’affichage suivantes autant que nécessaire :

void lcd_putchar(char car); Ecrit un caractère à l’emplacement du curseur
void lcd_putstr(char *text); Ecrit une chaîne à l’emplacement du curseur
void lcd_gotoxy(unsigned char x, unsigned char y); Place le curseur sur l’affichage aux coordonnées X et Y.
void lcd_clrscr(void); Efface l’écran

Et pour terminer, voici un exemple simple :

#include <stdlib.h>
#include <stdio.h>
#include <avr/io.h>
#include <util/delay.h>
#include "lcd_hd44780.h"

int main(void)
{
       DDRB = 0xc0;
       DDRC = 0x0f;

       init_lcd();
       lcd_gotoxy(6,0);
       lcd_putstr("Hello");
       lcd_gotoxy(5,1);
       lcd_putstr("world!);

       while(1)
        {
        }

Vous pouvez télécharger la librairie sur la page download.

73’s

Laurent

 

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Jan 21 2015

TRX SSB 4 bandes – VFO maison à base de AD9850

Une des pièces maîtresse du transceiver est le VFO. Si l’on veut s’adonner aux plaisirs des modulations numériques, il nous en faut un qui soit relativement stable.
A partir de ce constat, il y a deux solutions. La première est d’acheter un VFO prêt à l’emploi. Il en existe plusieurs, dont les plus connus sont le PA0KLT à base de DDS si-570 et le N3ZI DDS 2 à base d’AD9834.
Ils sont tous deux d’une stabilité très suffisantes, abordables, livrés avec un LCD, faciles à configurer, à utiliser, et donc tout à fait appropriés pour ce projet.

Une autre solution consiste à monter son propre VFO, ce que j’ai choisi pour ce projet. La raisons principale en est que je peux ainsi ajouter les fonctionnalités que je désire à mon VFO. Le microcontrôleur ne servira pas seulement à gérer l’encodeur et le DDS, mais il prendra en charge le LCD sur lequel je pourrai ajouter des informations tel que le VOX, le RIT, les mémoires, les vfo’s, etc..
Je dévoilerai toutes les fonctions prises en charge par le processeur dans un prochain article.

Le DDS s’est imposé très rapidement pour des évidentes raisons de simplicité avec un transceiver multibande. Il y a quelques temps, lors de la construction du kit Ultimate2 de Hans Summer, j’avais remarqué la platine DDS à base d’AD9850 enfichée sur le circuit principal. Après quelques recherches, j’ai trouvé l’identique pour quelques dollars sur Ebay. Ni une ni deux, j’ai passé commande de quelques pièces pour expérimenter sa programmation par un microcontrôleur.

La platine AD9850

ad9850

La platine embarque un oscillateur cadencé à 125MHz et peut générer un signal jusqu’à 40MHz en sinus. Un filtre passe bas 70MHz est présent sur la sortie.
La programmation de la fréquence passe par une interface série. Il suffit de trois signaux plus la masse pour adresser le module :

1.Data : les 40 bits de la fréquence et phase à programmer

2.W_CLK : Signal d’horloge pour la synchro des data

3.FQ_UD : Frequency update, qui valide la fréquence programmée.

 

 

 

La programmation du module

Mes essais ont été effectués avec un microcontrôleur ATtiny45 de chez Atmel. C’est celui ci qui enverra les data au DDS au moyen d’un petit soft en langage C.
Le datasheet du DDS indique comment il faut calculer les 32 bits (ou 4 bytes) de la fréquence à envoyer à l’AD9850 au moyen de la formule suivante :

ad9850_formule_calcul

Les 8 bits suivants sont composés de 2 bits de contrôle, 1 bit « power down » et de 5 bits pour la phase.

Voici un exemple pratique de calcul pour une fréquence de 14.285 MHz.
CLKIN est la fréquence de l’oscillateur du DDS, soit 125MHz.
La formule transformée pour calculer ΔPhase  :

 \bigtriangleup Phase = \frac{f_{out}}{CLKIN}* 2^{32}  \bigtriangleup Phase = \frac{14.285}{125}* 2^{32}Ce qui nous donne comme résultat 49082887 en décimal.
Nous allons convertir cette valeur en binaire : 11101010000010111010000111111
qu’il suffit maintenant de “découper”  en quatre bytes : 00011101  01000001 01110100  00111111
C’est cette série de bits que nous allons envoyer au DDS plus un byte de contrôle que nous pouvons mettre à zéro.
Afin que la manipulation soit plus simple dans notre programme, nous convertissons ces 4 bytes en hexadécimal et nous ajoutons à gauche le byte de contrôle:

0x00 0x1d 0x41 0x74 0x3f

Voici un source en langage C qui permet d’envoyer nos 5 bytes au DDS :

/*
 * AD9850_ex.c
 *
 * Created : 26.10.2014 13:36:25
 * Modified: 27.10.2014 22:15:43
 *
 * Author: HB9FGK - Laurent Ferrari
 *
 * Fonction : Exemple de programmation
 *            du module AD9850.
 *
 * Plateforme : uC ATMEL AVR ATtiny45
 *
 * Description des E/S :
 *               PB0 - out DATA
 *               PB1 - out W_CLK
 *               PB2 - out FQ_UD
 *               PB3 - out RESET AD9850
 */ 
#define F_CPU 8000000UL
#include <avr/io.h>
#include <util/delay.h>

unsigned char usb[5];

void init_start(void){
    usb[0] = 0x3f;    // Les 5 bytes à envoyer, lsb en premier
    usb[1] = 0x74;
    usb[2] = 0x41;
    usb[3] = 0x1d;
    usb[4] = 0x00;    
}

int main(void)
{
    unsigned char i,j;
    init_start();
    _delay_ms(10);
    PORTB |= (1<<PB3);  // Reset du module
    _delay_ms(10);
    PORTB &= ~(1<<PB3);
    _delay_ms(1000);
    PORTB |= (1<<PB1);  // Envoi d'un clock
    _delay_ms(1);
    PORTB &= ~(0x07);
    _delay_us(200);
    PORTB |= (1<<PB2);  // Enable serial mode
    _delay_ms(1);
    PORTB &= ~(0x07);   
    _delay_us(200);
        
  while(1)
  {        
        _delay_ms(1000);
        for (i=0; i<5 ; i++)        
          for (j=0 ; j<8; j++)         // Boucles d'envoi des données et du clock
            {
              PORTB |= ((mode[i]>>j)&1);
              _delay_us(10);
              PORTB |= (1<<PB1);
              _delay_us(10);
              PORTB &= ~(0x07);
              _delay_us(10);
            }
        PORTB |=  (1<<PB2);  // Mise à jour de la fréquence (FQ_UD)
        _delay_ms(1);
        PORTB |=  (1<<PB2);
        _delay_ms(1);
        PORTB &= ~(0x07);
    }
    return 1;
}

Bien entendu il ne s’agit que d’un exemple permettant de programmer une seule fréquence. Pour avoir quelque chose de fonctionnel, le calcul des 5 bytes doit être implémenté dans le microcontrôleur lui même et l’on doit pouvoir agir sur la fréquence par un moyen extérieur.
Sur le VFO développé, j’ai utilisé un encodeur munis d’un switch. Celui ci permet de faire varier la fréquence, et en pressant sur le bouton, de choisir l’incrément.
En plus de 10 mémoires sélectionnables par deux poussoirs, il y a la possibilité de travailler avec deux VFO, soit le A et le B, que l’on choisi au moyen d’un commutateur à bascule.
Le mode est également géré, par une différence de fréquence de 3kHz entre les deux bandes latérales.
Un point important si on ne travaille pas en conversion direct, la fréquence générée par le VFO devra tenir compte de la fréquence intermédiaire.

Comme je l’ai déjà écris plus haut, l’avantage de monter soi même son VFO est que l’on peut lui ajouter toutes les fonctions que l’on désirs. Et si on lui adjoint un écran graphique et tactile, les possibilités sont immenses.
Bien sûr le bémol de cette solution implique de devoir se mettre à écrire du code et par conséquence peut être apprendre le langage C.

Ci-dessous, une petite démonstration du VFO avec quelques fonctions déjà implémentées.

73’s

Laurent

 

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Jan 05 2015

TRX SSB 4 bandes “maison” – Le projet

Bingo4_PF_commadesDepuis l’obtention de ma licence de radio amateur en 2012, il y a toujours eu dans un coin de ma tête l’idée de construire mon transceiver. Bien entendu, comme la plupart des nouveaux indicativés, j’ai débuté avec l’achat d’un appareil commercial, le FT-950 pour ne pas le nommer. Avec le recul, je trouve dommage d’avoir choisi cette option et ne pas avoir commencé avec des constructions maison qui apportent une satisfaction bien supérieure même en QRP. Mais ceci est un sujet oh combien sensible que je ne vais pas développer ici.

Rapidement, je me suis mis à « bricoler », expérimenter, avec des petits projets d’oscillateurs, de mélangeurs, d’amplis, pour « voir » comment tout cela fonctionnait. Un premier kit, puis un second, la construction d’une balise QRSS, d’un filtre à quartz et bien d’autres montages maison m’ont appris beaucoup de choses, mais jamais je ne suis attaqué à la partie réception. Car si l’émission est relativement simple, le côté réception est fort bien différent puisqu’il n’autorise en principe pas de gaspiller le signal reçu.

L’hiver approchant, j’ai donc imaginé de me lancer dans la construction de mon propre récepteur.

De fil en aiguille, la partie émission s’y est naturellement greffée.

Définitions et choix

Pour démarrer un tel projet, il est nécessaire de bien définir au départ les besoins. Cela évitera bien des désagréments lors de la réalisation pratique de transceiver.
Après quelques jours de réflexion, je me suis arrêté sur les caractéristiques minimum suivantes :

  • 4 bandes : 40, 30, 20 et 15m
  • Construction par modules
  • USB, LSB, CW et Packet
  • Récepteur à changement de fréquence
  • F.I. de 5 MHz maximum
  • Puissance d’émission variable de 5W max.
  • Gestion interne par microcontrôleur.
  • VFO maison à base de AD9850.
  • Fonction vox.
  • Entrée et sortie arrière pour les modulations numériques.
  • Réalisation modulaire sur carte europe (100x160mm).

Comme pour chaque projet, j’ai parcouru l’Internet pour me documenter et j’ai pris le Bingo 4, conçu, expérimenté et réalisé par F6BCU comme source d’inspiration.
La platine principale du Bingo 4 est composée d’un générateur SSB bi-directionnel (FI à 9.8MHz), c’est à dire qu’il est utilisé autant pour la réception que pour l’émission. Gravitent autour, les cartes de filtres émission et réception, un VFO, un PA, et une alimentation.

Étant très adepte des modulations numériques, je ne me voyais pas construire un TRX sans la bande des 30m. Mais avec une FI 9.8MHz, cela devient problématique au niveau des différents filtrages nécessaires.

La première modification à apporter par rapport au Bingo 4 est donc la fréquence intermédiaire qui sera de 4.19MHz, choix tout à fait arbitraire, ayant trouvé sur Ebay un lot de 100 quartz pour moins de 20$.

Le boîtier

Par chance, et pour intégrer le futur transceiver, j’ai pu récupérer à mon travail un boîtier robuste de marque Schroff en alu au standard europe et de 3U de hauteur. Les cartes de ce format (100x160mm) viennent se glisser verticalement les unes à côté des autres dans des rails. Parfait !

Le but étant d’avoir une carte par fonction (filtres, genérateur ssb, vfo, etc) , celles ci seront connectées entre elles en HF au moyen de connecteurs SMA ainsi qu’avec un bus à 14 fils véhiculant les signaux de commandes logiques ( RX/TX, bande, mode, etc.)

La plaque frontale

J’adore construire les plaques frontales et c’est avec celle ci que le projet va débuter.. C’est selon moi cette partie qui donne tout le charme à un appareil maison et de ce fait je peux passer vraiment beaucoup de temps pour la créer.
Débuter par cette partie n’est pas si illogique que cela, car cela permet d’avoir toutes les commandes définitives à disposition pour les tests et permet de contrôler facilement et visuellement qu’aucune fonction n’a été oubliée.

Dans un coin dormait un vieux TRX Jumbo des années 80. Cet appareil a selon moi un beau design (des 80’s) et ses boutons en alu inspirent confiance et sont très agréable au toucher. De plus, je suis fan des beaux instruments à aiguille, et le Jumbo en a deux magnifiques.

Que les collectionneurs d’anciens appareils CB arrêtent de lire maintenant car je pourrais passer pour un ignoble monstre s’ils prennent connaissance de la suite.

Oui je l’ai fait. J’ai cannibalisé le Jumbo pour y récupérer ses potentiomètres, ses commutateurs, ses s-mètres et ses boutons.

La première idée avait été de garder le boîtier du Jumbo tel quel et y monter mes circuits à l’intérieur. Malheureusement, malgré la place à disposition à l’intérieur du boîtier, il y avait trop de contraintes et l’idée a été abandonnée.

Il m’a fallu trouver un affichage LCD. Deux lignes de 16 caractères sont suffisantes pour ce projet. Par contre, la plupart de ceux que j’ai trouvé sur le marché fesaient « ri-qui-qui » sur la grande plaque frontale. En fouillant plus, j’ai réussi à mettre la main sur un tel affichage mais de dimension largement plus grande. Le seul bémol est que le réglage du contrast est quasi inopérant et qu’il est nécessaire d’être bien en face de l’affichage pour que la lecture soit confortable.

PF_fonctions

 

A suivre, la réalisation du VFO maison…

73’s, Laurent

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Sep 25 2014

Un PA low cost pour FT-817

PA_817_01Il y a quelques semaines, j’ai craqué pour le FT-817ND.
Comme je pratique de plus en plus le QRP, surtout en portable, mon seul transceiver vraiment utilisable dans ces conditions était le BITX20A.
Mais gros bémol, celui ci est limité à la bande des 20m.
Exit donc le TS480, que je n’utilisait qu’en déplacement (en F), et dont la vente m’a permis d’acquérir un 817 tout neuf.
Les quelques premières sorties effectuées avec ce nouveau petit bijou ont été très concluantes. Léger, facile d’utilisation, et munis d’un accu LIPO 11.1V 4500mAh, il tient plusieurs heures sans problème.
Voilà une petite bête à laquelle ont s’attache très vite et que l’on emporte (presque) partout.
Si ses 5W sont largement suffisants en SOTA par exemple, c’est un peu limite quand je suis en fixe dans notre maison de vacances en F/ ou j’aime à pratiquer la phonie. Mon antenne est un dipôle placé plutôt bas et d’une efficacité toute relative. En résumé, quelques watts en plus ne seraient pas de trop.
Bien sûr il s’agit également d’un prétexte pour me lancer dans la construction d’une boîboîte faite maison.

Sur ce, et munis de Google je suis parti à la recherche d’une réalisation OM d’un PA avec une puissance de sortie de 20 à 30W.
Je suis tombé rapidement sur le groupe Yahoo BINGO_QRP_SSB_CW de F6BCU. Ce groupe regorge de réalisations fort bien documentées, et notamment d’un ampli linéaire de 50W réalisé avec 4 IRF510 en push-pull. Il réclame environ 2.5W en entrée, ce qui est parfait pour une utilisation avec un FT817.

La documentation est très bien réalisée avec schéma, plan du “circuit imprimé” (à réaliser avec une petite Dremel), explication du fonctionnement, etc.
Les composants utilisés sont des références de base que l’on trouve dans quasi toutes les layettes de radio amateur.

L’amplificateur est composé de deux platines. La première est l’ampli lui même avec ses quatre MOSFET, ses transfos d’entrée et de sortie.

PA_817_02

Platine ampli avec le transfo de sortie sur BN-43-7051.

PA_817_07

L’ampli et son radiateur monté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A noter que pour réduire les coûts de fabrication, le concepteur (F6BCU) n’a pas prévu de filtres passe bas commutés. Il a eu l’excellente idée d’enficher ces derniers sur un connecteur accessible sur une des faces du boîtier.
Pour me faciliter la vie j’ai quand même intégré les filtres des trois bandes que j’utilise le plus, c’est à dire 30, 20 et 15m, directement dans le boîtier avec une commutation par relais mais avec la possibilités de connecter un filtre d’une autre bande sur le connecteur externe.
Ce choix a aussi été motivé par le fait que je prévois de construire un transceiver et cela me permettait d’expérimenter l’implémentation de filtres commutés.

Sur la seconde platine on trouve le VOX, les circuits de commutation RX/TX et un atténuateur -3dB/-6dB (que je n’ai pas monté), ainsi que dans mon cas, les trois filtres :

PA_817_03

Platine de commutation et des filtres internes.

La réalisation pratique s’est faite sans problème particulier hormis une impédance d’entrée beaucoup trop faible.
Avec deux IRF510 en fonction, l’impédance d’entrée est normale (environ 50 ohms), mais lorsque les quatre transistors sont branchés, l’impédance chute grandement et ce malgré le respect des valeurs des composants indiquées sur le schéma. Pour pallier à ce problème, j’ai bobiné un transfo d’entrée sur un tore BN-73-202 pour adapter l’impédance.
Je soupçonne que mes transistors dont la provenance est chinoise soient à l’origine du problème.

PA_817_05

Les filtres enfichables.

L’utilisation est des plus simple. Il suffit de brancher la sortie antenne du FT817 sur l’ampli, le VOX s’occupant de passer l’ampli en émission.

Les mesures de puissance sous 13.8V avec 2.5W en entrée sont les suivantes :

Bande      Puissance PEP
40m             45W
20m             30W
15m             18W
10m             15W

Avec 24V et 2.5W en entrée nous obtenons un peu plus de puissance. (il est nécessaire de réduire la puissance d’entrée à 1W pour les bandes inférieures à 30m) :

Bande      Puissance PEP
40m             50W
20m             45W
15m             30W
10m             25W

A noter qu’il ne faut pas lésiner sur la taille du radiateur. Le mien est un peu petit et lors d’une utilisation intensive, l’ampli a tendance à beaucoup chauffer. C’est pourquoi j’ai installé un ventilateur de PC silencieux que j’alimente en 8V.
Il s’enclenche automatiquement dés le passage en émission. Un interrupteur sur la face avant permet de le faire tourner en continu.
Ainsi la température du dissipateur reste raisonnable, aux alentours de 35°C.
PA_817_06
Merci à F6BCU pour cet excellent petit ampli, parfait pour se faire la main avec une construction OM et juste idéal avec le  FT-817 si l’on a besoin de quelques dBm en plus.

73, Laurent

 

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